A la découverte du zéro déchet, par une « vie zéro déchet » ici au Pays Basque

Beaucoup plus qu’une « simple mode », la consommation en pleine conscience devient de plus en plus accessible. Je vous présente aujourd’hui Maylis, auteur du compte « vie Zéro déchet » qui nous partage son mode de vie. A base de conseils, idées et bienveillance nous découvrons une véritable aventure que celle d’une consommation plus proche de ses valeurs. Une très belle source d’inspiration, jamais dans la culpabilité ni en manque d’idée, toujours prête à innover elle vous raconte son approche du zéro déchet ici au Pays Basque.
Vous verrez en effet qu’ou que vous vous trouviez, des gestes simples et efficaces sont possibles, et ça c’est la très bonne nouvelle pour une évolution vers moins de déchets!
Si besoin Maylis peut également intervenir pour vous aider dans la mise en place de votre démarche!

© Marie-Paola Bertrand-Hillion
  • Peux tu nous dire ce qu’est le Zéro déchet?  

Contrairement à ce que son nom indique, la mouvance zéro déchet n’indique pas que vous allez vous mettre à ne plus produire zéro déchet, c’est plutôt un idéal vers lequel on essaye de tendre. Si vous réduisez déjà vos déchets de 50% par exemple, vous êtes sur le chemin, et c’est le principal. Des millions de personnes de par le monde qui réduisent leur déchets et consomment sans emballages, cela engendre un vrai impact. 

Le zéro déchet n’est pas qu’une tendance déco pour instagram avec de jolis bocaux alignés sur des étagères.  Le plus simple pour l’expliquer est d’appliquer à la lettre et dans l’ordre les cinq règles du zéro déchet par Béa Johnson, la papesse du Zéro Déchet : 

  • REFUSER ce dont nous n’avons pas besoin (ce flyer, cet échantillon gratuit etc.)
  • RÉDUIRE ce dont nous n’avons pas besoin (ce énième t-shirt, cet article en solde pas vraiment utile)
  • RÉUTILISER ce que nous consommons que ne pouvons ni refuser ni réduire
  • RECYCLER ce que l’ont ne peut ni refuser ni réutiliser
  • COMPOSTER tout le reste : épluchures etc.  

Par exemple quand vous commencez le zéro déchet, ne foncez pas acheter des bocaux parfaitement calibrés mais réutilisez simplement les bocaux en verre de votre consommation : sauce tomate, compote, confiture etc. Apprenez à dire « non merci » quand on vous offre un échantillon qui va traîner dans un tiroir pendant des années. Collez un autocollant Stop Pub sur votre boite aux lettres et demandez à passer au digital pour les factures. Cuisinez vos épluchures en soupe, gardez les zestes d’agrumes pour vos tisanes, une fois séchés au four, c’est délicieux ! Nul besoin d’investir immédiatement dans des poubelles spéciales pour le verre, les emballages recyclables, le compost. Quand nous avons commencé avec mon copain, nous avons par exemple tout simplement utilisé un vieux bocal de ratatouille pour y mettre les épluchures et j’allais les vider dans un trou dans le jardin. Cela nous a laissé le temps de nous renseigner dans notre ville et de récupérer toute le matériel pour un joli composteur de jardin en bois et son petit seau fourni. Petits à petit vous pourrez vous faire plaisir avec de jolis bocaux ou en achetant des contenants en verre made in France comme les inusables Pyrex. Cela est bien utile pour faire des courses en vrac. Bref, ce ne sont pas les apparences qui comptent mais votre impact !  

  • Comment as tu commencé, quel a été le déclic?

Depuis longtemps, j’étais branchée écologie et ma famille avait déjà une conscience écologique forte (recyclage, consommation raisonnée), aussi j’ai commencé à m’y intéresser tôt, mais je n’étais pas prête à passer le pas, j’avais trop de charge mentale avec le boulot, pour passer au tout vrac et l’offre était limitée. Mais en 2016 j’ai été arrêtée pour épuisement professionnel. Pendant mes trois mois d’arrêt j’ai regardé beaucoup de documentaires, sachant que je m’intéressais déjà au zéro déchet depuis 2015 et que j’en parlais régulièrement sur mon blog. Depuis l’enfance, j’ai toujours été branchée friperie, récupération… Et en regardant des documentaires comme The True Cost ou Minimalisme je me suis rendu compte que nos actes d’achats, en particulier de fast fashion avaient un impact immense sur la planète et sur les humains. L’industrie de la mode est extrêmement polluante et j’étais blogueuse mode, je ne me suis pas sentie en cohérence avec mes valeurs. De plus j’avais beaucoup accumulé et j’ai eu envie de plus de simplicité et de minimalisme. J’avais toujours fait du tri, donné et vendu des vêtements mais j’avais trop de choses. J’ai décidé de désencombrer et en 2016 j’ai totalement arrêté d’acheter pendant 2 ans. Vous connaissez le défi rien de neuf ? Je l’ai fait avant qu’on en parle. C’est un vrai changement de paradigme. Il y a un circuit de la récompense avec le shopping qui vient combler des besoins, et je ne pouvais plus compter dessus. C’était d’autant plus difficile que la pression sociale en agence de communication où je travaillais pour être bien habillée (avec du neuf, à la mode) est assez importante. J’ai donc appris à me réapproprier mes vêtements, j’ai fait venir une couturière pour faire réparer quelques vêtements, les ajuster… J’ai aussi commencé le zéro déchet. Au début il n’y avait pas énormément d’épiceries en vrac, il fallait aller loin… et à Paris où je vivais encore à l’époque on n’a pas de voiture, donc se trimbaler avec tous ses contenants n’est pas évident ! Je n’ai pas tout fait du jour au lendemain, déjà parce que c’est très long de vider les stocks. Au début mes poubelles étaient plus grosses qu’avant parce que je voulais finir plein de produits sans les gaspiller. Je voulais faire installer un composteur dans l’immeuble mais il fallait que tous les locataires soient d’accord…et je n’ai pas réussi, tout le monde s’en fichait. J’ai lu le livre de Béa Johnson, la Madame Zéro Déchet, j’ai regardé des documentaires, j’étais très motivée ! Il y a un aussi côté très motivant parce que c’est très joli dans les placards, et reposant, pour moi qui ne supportais plus le marketing, les emballages chargés d’informations, et l’horrible plastique.   

  • La ou les premières barrières au quotidien ainsi que ta philosophie face aux nombreux obstacles ?

Personnellement je n’ai vu aucune barrière, car quand on est motivé, cela donne des ailes. Je me sentais en cohérence avec moi-même, avec mon environnement, avec la planète, et cela a très vite été gratifiant pour moi : ma cuisine et ma maison étaient moins encombrées, je faisais des économies, j’engageais des conversations passionnantes avec les commerçants, les collègues, des inconnus. J’ai très vite aimé cette nouvelle routine qui demandais certes une certaine organisation : sortir avec ses contenants, prévoir un pique-nique pour le train, penser à demander « sans paille » dans les bars etc. Finalement ma plus grande difficulté fut d’apprendre à jongler avec mon perfectionnisme et à lâcher prise de temps en temps sans me sentir trop coupable. Le mieux est l’ennemi du bien. Parfois je me retrouve à me prendre la tête pour chaque achat et il est très difficile de ne consommer que local et bio et sans emballages et produit de manière éthique, sans polluer la planète ou faire souffrir des humains ou des animaux. On ne sait jamais totalement comment sont fabriquées ces choses que l’ont achète, même fabriquées en Europe, même si elles coûtent cher (vous aviez vu ce Cash Investigation sur les ateliers du cuir en Italie ?). Certaines marques font des produits naturels mais leurs emballages ne sont pas recyclables, ou bien ce produit est dans un contenant en verre mais il contient un conservateur possiblement perturbateur endocrinien ou polluant pour l’eau. Quand on commence à consommer en pleine conscience cela devient vite infernal. Alors j’essaye de faire des concessions : oui ces bananes bio viennent de loin mais c’est mon exception et cela fait vivre les producteurs locaux. J’accepte aussi les cadeaux de mon entourage même si cela n’est pas zéro déchet, ce qui arrive de plus en plus rarement, mes proches me connaissant très bien ! En effet les difficultés viennent souvent pour moi des autres, et j’apprends à être tolérants avec certains de mes proches qui ne font pas le tri, ou mon chéri qui n’est pas encore prêt à être aussi extrême que moi sur le zéro déchet. Chacun son rythme ! 

  • Tes conseils pour toutes ces personnes qui ont envie mais qui n’osent pas?

Foncez, c’est maintenant beaucoup plus facile qu’avant. Même dans les supermarchés vous pouvez venir avec vos contenants pour le fromage, la viande, le poisson, vos cachets pour les céréales et les graines. J’adore discuter avec ma boulangère qui est ravie de mettre ma boule de pain dans mon sac en tissu, ou encore le barista du TGV quand je craque pour une de leur délicieuses compotes bio dans un petit pot en verre et que je dis « non merci » pour la serviette en papier, le sac et la petite cuillère en plastique parce que je suis déjà équipée. Pareil avec le boucher sur le marché d’Anglet à qui je prends des tranches de jambon en vrac ou le poissonnier qui me vend des chipirons fraîchement pêchés dans le golfe de Gascogne et qui les met dans mon plat pyrex. Il y a de plus en plus d’épiceries en vrac (Day Bay Day, La Mesure, Petit Grain, Biocoop) sur le BAB et partout ailleurs.  Si vous avez besoin d’un coup de main à la maison pour vous y retrouver, je propose une visite de coaching pour tout petit prix et on fera ensemble la réorganisation de votre intérieur pour être plus en accord avec vos convictions et vos envies. 

  • Des gestes simples à adopter du quotidien que l’on peut mettre en pratique?

Le premier geste consiste à aller faire vos courses avec vos contenants. Faites le tri, et n’achetez rien d’inutile. Compostez vos épluchures et faites bien le tri selon les règles de votre communes. Evitez d’acheter de la fast fashion, préivilégiez le local toujours. Et commencez par la salle de bain, il y a déjà pas mal de déchets à éliminer dans cette pièce : passez au savon et shampoing solide, n’utilisez plus de cotons tiges et de cotons jetables etc. 

  • Des livres, comptes à suivre en plus du tien?

Louise de Luizzati qui a écrit un livre de Zero Déchet pour les nuls, Béa Johnson, son livre, Biote Naturelle sur instagram. Et le mien évidemment :-)
Vie zéro déchet .

  • Des regrets, des choses que tu ferais différemment, ou que tu ne ferais pas?

Franchement non, j’ai adoré cette transition et même si je ne suis pas parfaite, je n’ai pas envie d’avoir des regrets.

  • Un message à faire passer?

Si vous vous mettez au Zéro Déchet, sachez que vous rentrez dans une grande et belle famille loin de tout consumérisme, plein de bienveillance et d’entraide. Alors bienvenue ! 

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