L’Américaine a t’elle un style?

Très peu de demi-mesure avec l’Américaine… Elle troc avec une facilité concertante une sublime robe fourreau portée la veille lors  d’une soirée mondaine avec son vieux jogging et un sweat XXL alors même qu’on n’est pas dimanche et ne s’inquiète pas de sortir ainsi passer sa journée aux yeux de tous! Vivre en jogging n’est pas un euphémisme ici, aucun regard de travers ou en coin sur votre passage. Personne pour dire assez fort de sorte que vous entendiez, « non mais t’as vu elle est en pyjama… ». Et le plus drôle dans tout ça c’est que la personne en pyjama va croiser tout au long de sa journée l’autre facette de l’Américaine, celle qui est « sur » maquillée, « sur » coiffée et « sur » habillée!! Oui la même que la présentatrice Américaine… dents blanches, brushing impeccable, vous voyez?

Comment les Américaines ont-elles inventé ce style sportwear du « no prise de tête »? Pour l’historienne de la mode Catherine Ormen, « tout cela date de la Seconde Guerre mondiale. Une période où la couture française a soudainement cessé de s’exporter, et où il a fallu créer ses propres tendances. Simple, fonctionnelle, utile plus que fantaisiste, la mode US est née pour séduire l’Américaine type ». Tout ce serait donc joué au détour des années 1940 permettant aux Américaines d’affirmer leur propre conception de la mode. Moins de sophistication, place à la décontraction.  « Si les Françaises étaient contre la standardisation de la mode, au point de craindre le suicide social si elles portaient la même robe qu’une autre dans une soirée mondaine (c’est toujours le cas chez nous!!), les Américaines ont instauré sans état d’âme la production de modèles en série », explique la spécialiste. Emblématique de cette période, la petite phrase de Praline, muse de Dior dans les années 1950 : « La mode américaine est si ennuyeuse… ».

« À Paris, il fallait être inattendu ? À New York, il faut être efficace », résume la tendanceuse Nathalie Rozborski. Pour résumer « Fashion meets function » (quand la mode rencontre le pratique, NDLR).

Nous avons été élevées dans une certaine culture de la mode, la française a un style et donc ses intemporels auxquels elle ne déroge que peu. Pour l’Américaine c’est tout le contraire, le pays a fait naître une chasse effrénée à la tendance du moment. Le IT bag, oui, ce nouveau sac qu’il faut IMPERATIVEMENT à chaque saison vient d’outre-Atlantique. Ce principe se décline aisément pour les chaussures du moment, le look, la robe et j’en passe. Finalement on se rend compte que la différenciation ou l’originalité n’est pas un signe extérieur de richesse pour l’Américaine, mieux vaut avoir la panoplie complète à la mode et montrer qu’on est bien comme tout le monde. L’individualisation n’a pas sa place.

Souvenez vous de ces séries ou films Américains dans lesquels les héroïnes sont carrément « overdresses » dans une soirée mondaine ou au bal de promo, le genre de robe et « attirail » qu’on aurait jamais pu imaginer chez nous. Ce sont ni plus ni moins que leurs conventions. Du brushing parfait aux tenues de soirée clinquantes ces pratiques font parti de l’ADN des pures Américaines. « Pour leur défense, elles respectent beaucoup plus la beauté de leur corps que nous, selon Nathalie Rozborski. Leurs cheveux sont toujours propres, leurs ongles faits, leurs dents blanches. À côté d’elles, les Parisiennes, le vernis écaillé et la dent jaune, sont de bien piètres exemples. Certaines continueront à dire que cela relève du chic à la Française… »

La française cultive le goût du simple et de l’élégance mais ne sait pas manier les codes du tapi rouge comme une américaine. Alexis Mabille observait récemment dans M Le Magazine du Monde : « Nous sommes encore très marqués par notre culture du luxe pauvre. On veut montrer qu’on est plus malin que les autres, qu’on n’a pas besoin d’en rajouter. » Sauf qu’aujourd’hui les 20-30 ans sont beaucoup plus conditionnés par la culture de l’image. Plus fascinés par les « stars » de télé réalité que par nos muses Françaises, ils pourraient bien avoir envie de se la jouer Américain et se lâcher un peu plus sur les robes à paillettes et les maquillages très sophistiqués. Un style qui séduit de plus en plus chez nous près de 70 ans après la naissance de la mode made in US, avec un brushing impeccable et un sourire éclatant!

Sachez que ce concept de l’Américaine qui ne se préoccupe pas de l’image renvoyée en jogging fonctionne exactement sur le même principe en maillot de bain. Que ce soit dans la rue ou sur la plage aucune gêne à arborer le maillot aussi petit soit il, voir pas du tout « adapté » à ses mensurations. Et aussi étrange que cela puisse paraître pour nous, aucun jugement de la part de ses concitoyens. Chacun fait sa vie, habillé comme il le souhaite, avec la corpulence qu’il souhaite c’est ça l’état d’esprit Américain. Se côtoient donc ou que vous vous trouviez l’Américaine en jogging et celle sortant tout droit d’une série TV ou d’un plateau de journal !!

15 commentaires sur « L’Américaine a t’elle un style? »

  1. Ca me plairait pas trop mal d’être à l’aise dans un jogging pour aller conduire ma fille à l’école par exemple, il y a pas mal d’américaines ici au Qatar et je les vois super à l’aise le matin à l’école dans leur presque pyjama. Pour moi il ne s’agit pas du regards des autres du coup, je pourrais facilement me fondre dans la masse mais sans être une fashion victime, loin de là, j’ai ce besoin de quitter la maison dans une certaine tenue, ca peut être un jean, des ballerines et un t shirt mais voilà le jogging non! tu as raison de dire que c’est culturellement très ancré…bizarre!

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    1. Ben écoute pour tout te dire… il m’arrive en france quand je rentre de sortir mon chien… en pyjama!! Avec manteau par dessus. ça ne me serait meme pas venu à l’esprit auparavant!! Mais c’est vrai que ce n’est vraiment mais alors vraiment pas dans nos habitudes!!!

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      1. Peut-être? Ce sont mes champions de la coolitude lol! Un patron qui pose les pieds sur son bureau, inconcevable en France, ne choquera pas là bas. Ce sont d’autres codes. Moi j’aime bien cette attitude face à la vie ou aux difficultés. C’est pragmatique et efficace!

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      2. C’est évident qu’ils s’encombrent de beaucoup moins de choses que nous d’un point de vue du « politiquement correcte » c’est aussi pour ça qu’ils en font beaucoup plus que nous dans beaucoup de domaines. Lorsqu’on est pas tout le temps critiqué ou soumis au jugement du voisin on ose plus!

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  2. Le fait de ne pas être jugée, c’est bien. Mais n’avoir aucune pudeur… euh… comment dire? Des fois c’est sale! A Beach, on a quand même des specimens qui font très « prestation tarifée », en plein jour. Le jogging, nickel, ca me va. Le pyjama, j’ose pas mais pourquoi pas, mais certaines ont des tenues qu’on ne voit pas en plein jour a Pigalle, et là ça me gêne plus.

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    1. Alors bien évidemment en lisant ton commentaire tout un tas de spécimens vus à beach me sont revenus en mémoire!!!! Et franchement ce n’est pas beau à voir. C’est ça ils ont tellement poussé le vice du « je m’en foutisme » qu’il se retrouve pour certains pratiquement à « poile » sans aucune gène. Fille et Mec… et malheureusement ce ne sont pas forcément les mieux foutus!!!

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